Aller au contenu principal
Interview de Vincent de MZC Solutions : Les solutions IT sur mesure pour accélérer la transformation numérique des entreprises

Vincent, vous avez passé plus de 20 ans à piloter des transformations digitales dans des groupes comme Booking.com ou Auchan Direct avant de fonder MZC Solutions : qu’est-ce qui vous a convaincu que des solutions IT sur mesure, pensées pour les PME, étaient le meilleur levier pour accélérer leur transformation numérique ?

Dans les PME, les équipes sont concentrées sur le run, et gérer l'exécution au quotidien, parfois notamment au sein de PME digitale/e-Commerce, on réfléchit sur le SI core (site web, CRM, etc), mais d'autres secteurs métiers sont délaissés, soit parce que les solutions de marchés sont trop couteuses, ou par manque d'équipe projet / technique disponibles. Quand j'ai rejoind drawer, en tant que Directeur des opération et du SI, j'ai vu certains métiers qui n'avaient pas été outillé pour des questions de priorités, j'ai pu apporté des premières briques, qui dépassent le simple fichier Excel, pour commencer à structure, et accompagner les équipes métiers (service lcient, appros, etc).

Vous défendez l’idée de « simplement automatiser ce qui doit l’être ». Concrètement, comment identifiez-vous, chez une PME, les bons processus à automatiser en priorité, et quels critères utilisez-vous pour distinguer un “bon” cas d’usage d’un faux bon sujet d’automatisation ?

C'est avant tout pour moi une question de création de valeur, je dirais qu'il faut laisser l'humain réaliser les tâches où il va créer de la valeur que ça soit pour le client final, l'entreprise, le produit, ou même l'équipe dans laquelle il évolue. L'automatisation doit permettre de supprimer les tâches fastidieuses et répétitives, pour libérer du temps aux équipes. Ensuite il faut toujours regarder le ROI d'un action d'automatisation, mesurer la complexité de la tâche, sa fréquence d'occurrence, et également s'il existe peu ou de nombreux cas différent, plus un processus à un nombre de branche important, plus l'automatisation pourrait induire de la complexité. Il faut dés lors réfléchir sur le 80/20, et laisser le collaborateur en maitrise des cas limites. En dernier, il y aussi la question de la criticité du process dans le business model, peux t'on se permettre que le process soit à l'arrêt, est-il actuellement dépendant d'un sachant unique, comment transférer le savoir à un tiers... Ces questions permettent pour moi de faire le tri entre des cas d'automatisations qui fiabiliseront le process, et ceux qui seront des usines à gaz sans rentabilité.

Vos exemples — division par 5 des coûts de traitement d’un workflow de traduction, baisse des taux de support grâce à la centralisation des dossiers — illustrent des gains très tangibles. Pouvez-vous nous détailler l’un de ces projets : le point de départ, les freins rencontrés, les choix techniques faits (notamment autour de Make) et la façon dont vous avez mesuré le ROI en moins de 12 mois ?

Si on prend l'exemple de la traduction, le processus initial, était manuel : prendre la description française, la transférer à un traducteur qui faisait une traduction adaptation intégral, selon un pricing au mot. Grâce à l'arrivée des LLMs et à la structuration de notre information produit dans un PIM ayant des APIs ouvertes, nous avons pu lancer un process de traduction par LLM, et utiliser la fonctionnalité de review d'Akeneo pour faire valider les traductions proposées par les IAs à un relecteur. Le coût à la fiche traduite facturée par nos traducteurs/relecteurs externes ont été renégociés pour s'adapter à la nouvelle mission, et les délais de traduction ont été réduit permettant une mise en ligne plus rapide. Le choix initial de make.com, était de valider la faisabilité et la pertinence du processus, sans développer des flux trop important. Une fois cette validation obtenue, le process étant un process secondaire, ne présentant pas de criticité importante, nous avons maintenu ce modèle car il présente le bon compromis coûts / robustesse. Les pricings modèles d'outils no-code et des IA, invitent souvent à une approche FinOps, en effet quand on paie au token il faut réfléchir performance et coûts.

Les outils no-code/low-code comme Make promettent une grande agilité, mais certains dirigeants de PME craignent la complexité technique ou la dépendance à un prestataire. Comment répondez-vous à ces objections, et comment concevez-vous des solutions sur mesure qui restent compréhensibles, maintenables et évolutives pour les équipes internes ?

Je pense que la question de la dépendance est un faux problème, au final, que ça soit un SAAS, un dev sur mesure, ou une solution no-code, on est toujours dépendant d'une roadmap, d'un framework, d'une agence, ou même d'un développeur interne. La vrai question est de savoir si la technologie est suffisamment adoptée, mature et pérenne pour entrer dans la stack technique, et qu'on puisse trouver des relais. Quand un éditeur comme airtable revendique plusieurs millions d'application, et 500 000 clients dont des grands comptes, ça permet de considérer que la technologie n'est pas trop en risque. Quand à la capacité de maintenir, et faire évoluer en interne une solution, elle passera par le fait d'avoir un collaborateur compétent, qui se forme, et par la mise en place de mesure de propriété par le client : réversibilité, environnement outil en propre, accès en son nom, propriété des données, documentation, et clause de transferts, des éléments assez classique dans un projet informatique sur mesure. De mon coté, j'interviens toujours sur l'abonnement airtable ou make.com de mon client. Ce qui lui garantit de conserver les accès et de pouvoir réinternaliser, ou changer de partenaire à tout moment.

Avec votre regard de COO/CIO et désormais de fondateur de MZC Solutions, quelles sont selon vous les erreurs les plus fréquentes que commettent les PME quand elles se lancent dans la transformation numérique (ERP, CRM, automatisations…) et comment un travail plus “chirurgical” sur les processus et l’automatisation pourrait éviter ces écueils ?

il existe plusieurs erreurs, mais je commencerai par le projet top down. Un dirigeant qui souhaite automatiser en imposant le changement à son équipe. Les équipes métiers connaissent le métier, connaissent les écueils qui pourraient empêcher le projet d'aboutir. Il est important de les embarquer, on est sur une question de conduite du changement. Le dirigeant doit donner les moyens à son équipes de changer, les soutenir, mais leur laisser la définition du comment se font les choses. La deuxième erreur c'est de partir sur un projet énorme qui va faire peur, et ne jamais sortir.. Il est important de découper, et de livrer en continue des petites briques, qui vont petit à petit transformer les modes de travail, dans une logique d'amélioration continue. J'ai constaté qu'en livrant des petites briques régulièrement qui rendent services, les équipes métiers deviennent des acteurs du processus, et coconstruise la roadmap produit, en passant d'une posture attentiste à un rôle d'acteur, permettant au final un changement plus profond, et plus important de l'entreprise.

Si l’on se projette à 3–5 ans, comment voyez-vous évoluer le rôle des solutions IT sur mesure et de l’automatisation pour les PME : montée en puissance de l’IA dans les workflows, standardisation de certains briques, nouvelles compétences à acquérir côté dirigeants et équipes opérationnelles ?

Les évolutions actuelles et à venir vont permettre à de nombreuses PMEs de commencer à structure leur process, leur données, et construire des premières version d'outils? Outils qui pourront plus tard, au fur et à mesure que l'entreprise se développe, être remplacés par des Développements plus robuste ou par des SAAS du marché. C'est une chance pour les petites équipes qui n'ont pas de chef de projet, ou d'analyste, ou de product owner de se digitaliser sans avoir à subir le progiciel métier trop gors ou inadapté aux spécifiés de l'entreprise. Les dirigeants des PME doivent se faire accompagner, sinon le risque de voir du shadow IT avec des Devs fait par IA par des personnes ayant aucune compétences techniques, risqueraient de créer des brèches de sécurité. La simplification de la création logicielle et l'accès aux IAs, rend les questions de sécurité informatique plus critiques.

Pour conclure, quel conseil très concret donneriez-vous à un dirigeant de PME qui se sent débordé par les tâches répétitives et les outils disparates, mais qui ne sait pas par où commencer pour enclencher une vraie dynamique d’automatisation et de transformation numérique ?

Le choix du bon partenaire, me semble primordial dans ce type de projet, si le partenaire (freelance ou agence), ne parle pas métier dés le premier rendez-vous, c'est pour moi un red flag. C'est en tout cas l'approche chez MZC Solutions : la technique au service du métier et des hommes. Un projet de digitalisation en PME est un projet métier avant tout. Il ne faut pas laisser ce partenaire avancer tout seul: des échanges régulier sont nécessaires pour garder le projet sur les bons rails.. Ensuite j'invite à commencer, à faire un premier pas, peut être pas le plus critique ou le plus important, mais un premier pas qui va prouver aux équipes la création de valeur. Enfin je recommande de trouver dans l'équipe la personne qui sera le relai, qui embarquera le reste de l'équipe. Par exemple sur une application de pointage qui a remplacé une saisie sur feuille des temps de production, un beta testeur, à utiliser l'appli seul pendant plusieurs semaines pour valider l'usage, et être ambassadeur auprès du reste de l'équipe. Car la digitalisation des process va modifier la façon de travailler, il ne faut pas que les équipes en aies peur, mais qu'ils soient impliqués rapidement.

Pour en savoir plus : https://mzc-solutions.io

Publié le